Réponse au rapport de la Municipalité sur le postulat Climat

J’aimerais commencer par remercier la Municipalité et ses services pour sa réponse, à la fois rapide et détaillée, au postulât que j’avais déposé au nom du groupe socialiste en mars dernier. On ne peut que souligner l’exhaustivité de la vue d’ensemble qui est proposée, une vue d’ensemble qui permet de mettre en avant tout ce que la commune fait déjà en matière énergétique et climatique. Ce panorama est très intéressant, et nécessaire.

À cet égard, je tiens à relever l’intérêt tout particulier de l’annexe, qui lève le voile sur tout le travail, mais aussi sur la valeur ajoutée de la certification Cité de l’Energie. Cela démontre bien le caractère vertueux, l’effet d’entraînement qu’à engendré cette certification pour une commune telle que Crissier.

Il me semble aussi important de mettre le doigt sur certains projets que le rapport met en avant, qui sont au cœur de notre actualité communale. Je pense ici au BHNS et au plan directeur intercommunal, qui représente des jalons importants sur lesquels notre Conseil sera prochainement amené à se prononcer.

Cela étant, vous vous en doutez, cette réponse me laisse malgré tout sur ma faim. Non pas pour ce qu’elle dit, mais bien pour tout ce qu’elle ne dit pas. Il y a trop, beaucoup trop sur le passé et rien, ou presque rien sur l’avenir. Les personnes assises derrière moi ont-elles réellement pris conscience de la situation dans laquelle nous nous trouvons ? Ont-elles entendu les 100’000 personnes qui se sont rassemblées dans les rues de Berne fin septembre ? Imaginaient-elles que,  le 20 octobre, plus de 50% des Crissirois soutiendraient des candidates et des candidats provenant de partis qui font de la question climatique un enjeu central ? Je ne le crois pas. C’est, ainsi, en regrettant en particulier trois aspects, que je prends acte du rapport de la Municipalité :

1. Je regrette, tout d’abord, que la réponse à ce postulat n’ait pas conduit la Municipalité à entamer une réflexion de fond sur sa politique en matière énergétique et climatique. C’était l’opportunité de le faire. Le rapport s’inscrit dans la continuité de la politique menée jusqu’alors, alors que les citoyennes et les citoyens de notre commune en réclament davantage. La Municipalité ne prend, en particulier, aucun engagement à renforcer les ambitions de sa politique énergétique et la réponse ne contient aucun objectif chiffré en termes de réduction des émissions de C02, pas plus qu’elle ne mentionne les renforcements en cours au niveau fédéral.
2. je regrette, ensuite, l’absence de réponses concrètes à court terme. Il n’y a, au fond, que très peu de nouvelles propositions dans la réponse de la Municipalité. Le seul engagement précis est de soumettre, au début de l’année prochaine, un préavis relatif au fonds d’encouragement sur les énergies renouvelables, dont on sait qu’il ne permet pas de répondre à une demande toujours plus importante. Il s’agira de veiller à ce que la Municipalité arrive effectivement avec une telle proposition. Mais au-delà, les pistes esquissées et les calendriers proposés sont vagues et peu contraignants. L’assainissement de la quasi-totalité des bâtiments communaux est, par exemple, repoussé à la législature suivante ; aucune étude globale, dont on nous dit qu’elle serait pourtant souhaitable, n’est proposée pour avoir un aperçu de l’état du parc immobilier communal. On nous dit aussi que l’on pourrait viser la certification Cité de [‘Energie GOLD, mais sans chercher à mettre en place des conditions qui y seraient favorables.
3. Je regrette l’absence de ressources supplémentaires. Il est pourtant ressorti de la séance de commission, les autres commissaires me contrediront s’ils le souhaitent, qu’il s’agit là d’un des facteurs limitants principaux. La réponse de la Municipalité ne propose pas d’augmentation des EPT, pas de crédits d’étude, pas d’engagements financiers supplémentaires, quels qu’il soient Or aujourd’hui, c’est à peine 0.2 EPT qui sont consacrés à Cité de l’Energie. C’est moins que les communes qui nous entourent C’est surtout peu, trop peu pour aller de l’avant avec une politique climatique ambitieuse.

Alors j’entends déjà la Municipalité nous dire que le Parti socialiste veut précipiter les choses, que Crissier en fait déjà beaucoup, que nous leur faisons un procès d’intention. Mais il ne s’agit pas de cela. Il ne s’agit pas, par nos actions, d’embêter la Municipalité. L’enjeu n’est pas là. L’enjeu, c’est de nous engager, et de nous engager à un tout autre rythme.

En résumé, et je terminerai par-là, je vous invite à prendre acte du rapport de la Municipalité. Nais je vous assure aussi que le groupe socialiste ne le laissera pas sans suite, et que nous vous ferons très prochainement des propositions tout à fait concrètes pour renforcer la politique énergétique et climatique de notre commune. Ainsi que nous l’a laissé entendre la Municipalité en commission, le Conseil communal est libre de proposer des mesures pour aller plus loin sur l’un ou l’autre aspect. Et c’est bien ce que nous comptons faire.

Rémi Schweizer

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