Pourquoi je vote non au préavis 31, concernant le terrain de foot synthétique, par Olivier Ramel

J’ai plusieurs solides raisons à ne pas accepter le préavis proposé.

En premier lieu, je suis surpris par le calendrier du préavis. Une étude est réalisée en 2009, complétée 8 ans plus tard, en 2017. Or, maintenant, il y aurait urgence, car, comme le dit le préavis, « pour que l’arrangement avec Lausanne reste valable, nous devrions être disposés à recevoir les matériaux dans le courant des mois de mai et juin. Il nous reste donc deux mois pour voter le préavis, solliciter des offres, creuser le trou, etc… D’expérience nous savons que les gens pressés paient plus cher. On peut regretter ce calendrier.

En 1992 Crissier a construit le centre sportif, avec bâtiments, pour la somme de chf 1’860’000.-. Selon l’OFS, l’indice des prix à la construction entre octobre 1998 et octobre 2015 est passé de 80 à 102, ce qui représente une augmentation de 27,5 %, soit une augmentation annuelle de 1,6 %. Si l’on applique ce taux moyen de 1,6 % au 26 ans qui nous séparent de 1992 nous arrivons à 41,6 %. En 2018, selon l’OFS, nous devrions  donc pouvoir construire le même centre sportif pour 2’633’000.-. Aujourd’hui, c’est 6’400’000.- qui nous sont demandés, pour ce terrain synthétique ! (somme des deux préavis).

En commission, il a été affirmé que le coût d’entretien d’un terrain synthétique est de 48.- chf par heure, alors qu’il est de chf 135.- pour un gazon naturel. Je ne comprends pas cette comparaison, si elle n’est pas accompagnée du nombre d’heures nécessaires à l’entretien d’un terrain pour le gazon et pour le synthétique. La différence est de chf 87 par heure. Si la différence de prix de construction entre synthétique et naturel est de chf 2’000’000.-, il faudrait travailler 22’988 heures pour récupérer cette différence, soit 2873 journées de travail de huit heures, ou environ 13 ans.  J’ai pris une différence de coût de 2’000’000.- par courtoisie, car l’alternative de la construction d’un terrain en gazon naturel n’a pas été quantifiée. Ce qui est regrettable.

Cet investissement de 6’400’000.- représente 800.- chf par habitant, bébés compris. Par contribuable la somme devrait être aux environs de chf 3’000.-. Sachant qu’environ 25 % des contribuables ne paient pas d’impôts, vous pouvez calculer ce que chacun d’entre nous devra payer pour le terrain de football en gazon synthétique. En contrepartie, cela représente une prestation communale de chf 16’842.- chf pour chacun des 380 joueurs que compte le FC Crissier. A titre de comparaison, l’Etat du Valais, va solliciter l’accord de sa population de 321’000 habitants, pour un crédit de chf 100’000’000.-. afin de financer les jeux olympiques. Cela représente 312,50 chf par habitant. Si l’Etat du Valais sollicitait ses contribuables, comme le fait la Municipalité de Crissier, ce ne par 100 miilions qu’il demanderait, mais 256 millions.

Ces comparaisons permettent de contextualiser mieux l’effort qui est demandé aux Crissirois. Le budget communal 2018, a fixé la marge d’autofinancement à 2,6 millions de chf, en baisse face aux 4,4 millions réalisés dans nos comptes 2016. Les investissements sont en forte augmentation, le plan d’investissement 2018 – 2022 s’élève à 85,8 millions de chf. Pour mettre encore un peu plus d’ambiance, nous attendons toujours la réforme fiscale qui verra le bénéfice des entreprises imposés plus faiblement. Ce qui impactera fortement Crissier, qui compte de nombreuses entreprises sur son territoire.

Offrir des installations sportives, culturelles pertinentes aux usagers est une nécessité que je ne conteste pas. Ce sont de bons outils d’intégration des jeunes, et des plus vieux, de toutes origines. C’est important. J’invite la Municipalité à revenir avec un projet dans un délai raisonnable, de moins de 8 ans, plus proche de nos possibilités financières. Je l’invite aussi à rester attentive aux droits d’utilisation des installations sportives de la commune. Il y a une dizaine d’année, un club de football de joueurs portugais le Vila Mea, inscrit à Crissier, s’était plaint de ne pas pouvoir disposer de suffisamment de temps de terrain à Crissier. Avec mon camarade Daniel, nous avions interrogé la Municipalité à ce sujet. La réponse a été que c’est le FC Crissier qui s’occupait de l’octroi du droit d’utilisation des terrains. Ce qui était et reste une réponse clairement insuffisante. Actuellement, selon le site Internet, Vila Mea existe toujours, disposerait de deux terrains, l’un à Chisaz, l’autre, La Palestre, à Mex sur un terrain appartenant à Bobst. Mais, pas d’utilisation de terrain à Ruayre.

Enfin, je serais curieux de savoir si les défenseurs de ce préavis, seraient prêts à voter une augmentation des impôts. Mon expérience me dit, qu’en matière fiscale, les comportements paradoxaux sont courants…..

Olivier Ramel

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