Le vélo trouve sa place dans la constitution fédérale. Et sur la route ?

Dimanche 23 septembre ont eu lieu deux événements réjouissants pour toutes celles et ceux qui défendent la mobilité douce. D’un côté, le peuple suisse a plébiscité le contre-projet à l’initiative sur le vélo, accepté à 86.3% dans le canton de Vaud. Crissier n’est pas en reste, avec un oui à plus de 85%. D’un autre côté, Cap sur l’Ouest a connu un beau succès populaire. Quel bonheur de pouvoir évoluer en toute sécurité sur des routes qui, d’habitude, font la part belle aux déplacements individuels motorisés. Que toutes celles et ceux qui ont œuvré à l’organisation de ce moment en soient ici remerciés. Une mobilité plus douce semble à portée de roue, et pourtant…

Lorsque l’on s’intéresse de plus près à la place du vélo sur les routes de la commune et du district de l’Ouest lausannois, la roue peut parfois se voiler. Le sentiment d’insécurité et la dangerosité avérée de certains axes, le manque de cohérence des aménagements cyclables, le volume et la vitesse du trafic routier représentent autant de freins à la pratique du vélo. Un rapport de l’Association transport et environnement (ATE) publié la semaine passée[1] et relayé dans le 24 Heures (21 septembre) vient, encore une fois, le montrer. Plusieurs points noirs sont identifiés, sur des axes clés ainsi que sur certains carrefours et giratoires. Ces axes constituent les itinéraires les plus directs tant pour l’automobiliste que pour le cycliste utilitaire ; or les aménagements actuels apparaissent systématiquement défavorables au second.

Cette situation est d’autant plus regrettable que le potentiel de développement du vélo est conséquent dans le district. La topographie de l’Ouest lausannois y est favorable, et la majorité des services et des lieux d’activité sont accessibles dans des distances inférieures à cinq kilomètres. Chaque commune a ici sa part de responsabilité.

La Municipalité a eu, à diverses reprises au cours de ces dernières années, l’occasion de mettre en avant son engagement en faveur de la mobilité douce. Certaines améliorations réalisées ou à venir, à l’instar de liaison cyclable entre Bussigny et Crissier, sont à saluer. Reste que la situation ne saurait, de notre point de vue et à la lumière du rapport précité, être considérée comme satisfaisante. Nous remercions dès lors la Municipalité de répondre aux questions suivantes :
• Comment juge-t-elle la fonctionnalité, la sécurité et la cohérence des aménagements cyclables existants sur le territoire de la commune ?
• Le développement du réseau cyclable fait-il l’objet d’une planification ? De quelle manière la cohérence entre les différents tronçons, le plus souvent réalisés de manière ponctuelle, est-elle assurée ?
• De quelle manière les aménagements cyclables sont-ils intégrés à la planification des nouveaux quartiers et à la requalification des routes communales ? Selon quels critères les arbitrages seront-ils réalisés lorsque l’espace à disposition nécessite de faire des choix ?
• Quelles mesures la Municipalité entend-elle prendre à l’avenir ? Comment compte-t-elle traduire en actes concrets le résultat de la votation de ce dimanche ?

Pour le PS de Crissier, le 24 septembre 2018

Rémi Schweizer

[1] ATE Vaud, Le vélo dans l’Ouest lausannois. Etat des lieux des aménagements cyclables, Septembre 2018. Disponible sur http://ate-vd.ch/fr/actualites/a-velo-dans-louest-lausannois-entre-lattrait-et-la-trouille/.

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